L'eau, une ressource fossile?
Le Matin Dimanche, 13 mai 2007
Alors qu'un milliard de personnes sur Terre n'ont toujours pas accès à un réseau d'
eau
[CIEau | CNRS | Ekopedia | UNESCO] potable, l'eau n'est pas encore un droit de l'homme mais un bien de spéculation.
Avec l'explosion démographique mondiale, l'eau douce se raréfie à vitesse grand V. L'humanité doit donc pomper toujours plus profondément dans le sol pour en obtenir, jusqu'à 300 mètres parfois. Or ces réserves souterraines qui datent de l'ère glaciaire ne se régénéreront pas. À cet égard, l'eau devrait donc être considérée comme une ressource fossile limitée, parfaitement comparable au pétrole mais infiniment plus importante. En gros, flipper parce qu'on aura bientôt plus d'or noir tout en continuant à rincer ses toilettes à l'eau potable, c'est se tromper d'angoisse.
La plus grosse gaspilleuse d'eau, c'est l'agriculture, qui exploite à un prix artificiellement dérisoire 93% des réserves d'eau douce pour irriguer les cultures. Non seulement elle ne paie pas l'eau au prix réel, mais en plus elle laisse près de la moitié s'évaporer dans l'atmosphère. Résultat, nous «mangeons» chaque jour en Occident quelque 8000 litres d'eau par aliments interposés.
L'hystérie générée par l'annonce du
réchauffement climatique est en train de pousser les pouvoirs politiques vers les
bioarburants
[Ekopedia], volontiers présentés comme une panacée. Sauf qu'on omet de dire qu'ils vont entraîner un gaspillage d'eau record, car il faut 4560 litres d'eau pour faire un seul litre de
bioéthanol. ■
D'après Catherine Riva, à propos d'un
entretien accordé par Peter Brabeck, patron de Nestlé, au journal allemand Die Zeit







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