L’AGEFI, 24 juin 2008

[…] l’or bleu est devenu l’un des plus importants enjeux du XXIe siècle. […] l’eau est aujourd’hui plus que jamais un bien de consommation et d’exploitation absolu. Les ressources en eau douce forment désormais le cœur même de problématiques économiques qui débouchent systématiquement sur des risques géopolitiques majeurs.
Défi stratégique complexe, l’accès à l’eau, et plus précisément la gestion de cette ressource indispensable à la préservation de la vie, représente de fait un marché des plus tendus. Pas seulement en termes de distribution et d’utilisation des ressources, mais également en termes de sécurité. En tant que thématique d’investissement, l’eau se classe aujourd’hui au même niveau que les autres facteurs de la crise alimentaire actuelle. Enfin, plus que le pétrole, la raréfaction d’une ressource naturelle aussi fondamentale représente sans aucun doute le plus grand danger pour la planète. Voilà certainement la donnée la plus importante à retenir.
L’offre et la demande d’eau sont en plein déséquilibre
Sur un total de 1,4 milliard de kilomètres cubes (km3), l’eau douce ne représente que 45 000 km3. C’est là l’entier du réservoir dans lequel l’activité humaine peut puiser pour satisfaire ses besoins en termes d’hygiène, d’irrigation et d’activités industrielles. Or, une partie de ce volume se trouvant sous forme congelée, la quantité effectivement disponible se situe plutôt entre 9000 et 14 000 km3. Si les tendances de consommation actuelles se poursuivent, près de 1,8 milliard d’individus subiront une pénurie hydrique à l’horizon 2025. L’offre et la demande d’eau douce sont en effet complètement déséquilibrées. Sous la pression conjuguée de l’explosion démographique et de l’expansion industrielle, les besoins continuent de prendre de la hauteur. Dans le même temps, l’offre se contracte en raison de la pollution, du drainage des nappes phréatiques non renouvelables et du réchauffement de la planète. L’épuisement progressif des ressources aqueuses implique, par conséquent, un changement de paradigme pour les entreprises. […] De toute évidence, c’est à travers [une double approche, une option éco-efficiente et son corollaire éco-innovant,] que les ressources pourront être préservées pour les générations à venir. D’autant que, faute d’un approvisionnement efficient et d’un assainissement minimal, le manque d’eau agit déjà comme une contrainte sur la croissance dans de nombreux pays, notamment en Chine. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le manque à gagner pour la croissance globale se situerait aux alentours de 556 milliards de dollars par an, soit près de 1% du produit intérieur brut mondial.
Des solutions pour étancher la soif de la planète
Dans l’approche centrée sur l’amélioration de l’efficience, les entreprises opérant dans des secteurs fortement dépendants des ressources aqueuses auront un avantage concurrentiel. Si elles savent identifier les tendances dans le domaine de l’eau et s’attaquer aux défis soulevés par la pénurie en devenir, ces sociétés pourront dégager de la valeur ajoutée. L’approche innovante ou écologique met particulièrement l’accent sur la capacité des entreprises à découvrir et implémenter des solutions apportant des réponses à l’épuisement de la ressource. Le secteur alimentation, boissons et tabac est, de tous, le plus concerné. Logiquement, c’est sur ce segment que les coûts de prélèvement de l’eau sont les plus élevés en pourcentage du chiffre d’affaires. Dans ces branches, l’eau est utilisée à la fois directement – dans la production de boissons, par exemple – et indirectement – dans les opérations de nettoyage ou de réfrigération dans l’agroalimentaire, notamment. La couverture des différents fonds dédiés à l’eau, apparus en masse ces dernières années, est donc très vaste: approvisionnement et évacuation, technologies et prestations (qui comprend toutes les activités de recherche et développement, d’installation d’infrastructures, ainsi que les techniques et machines), sans oublier l’utilisation durable des ressources.
Un secteur privé en pleine effervescence dont la soif est loin d’être étanchée
Si la plus grande partie de la gestion de l’eau est aujourd’hui encore entre les mains des collectivités publiques, les acteurs privés affichent une excellente santé et des ambitions planétaires. A l’heure actuelle, trois géants se partagent le marché privé de la distribution de l’eau: les français Suez-Ondeo et Vivendi-Veolia et l’allemand RWE-Thames Water. Suez et Vivendi contrôlent près de 70% du secteur de l’approvisionnement mondial en eau et le chiffre d’affaires cumulé des trois multinationales avoisine désormais les 200 milliards de dollars, alors qu’elles emploient près de 500.000 personnes. Au total, les industries liées aux ressources hydriques dégagent un revenu de près de 430 milliards de dollars par an, tout en affichant une croissance annuelle de plus de 5%. Pas étonnant donc que […] nombre d’institutions se profilent désormais sur ce créneau popularisé par les problématiques de développement durable. […]
[…] la pression démographique, la croissance économique et l’expansion des terres arables à des surfaces de moindre qualité devraient concourir à augmenter de près de 40% la consommation d’eau d’ici à 2020, tout en assurant une élévation constante des prix. […] L’exacerbation des difficultés d’accès à l’eau dans les années à venir devrait […] pousser un certain nombre de sociétés à développer des innovations pertinentes susceptibles de relever le défi de l’accessibilité. […] des investissements massifs seront nécessaires, à moyen terme, dans les pays matures pour rénover les équipements existants. À l’image des 1000 milliards de dollars qu’exigerait le remplacement des canalisations américaines d’ici 2020 […]. Dans le même temps, les pays en développement devront, quant à eux, développer et étendre leurs infrastructures. ■
Rohan Sant






Excusez moi mais votre article comportent de très nombreuses erreurs que je me fais un devoir de corriger, en tout ca pour les plus importantes car je me plait à croire que celles-ci sont involontaires. Avant tout l’eau ne se raréfie pas, contrairement aux ressources telles que le pétrole, l’eau ne disparait pas à l’usage elle participe à un cycle permanent. –Je vous conseille d’aller voir ce site d’information destiné aux enfants et qui explique très bien ce qu’on nomme communément le grand cycle de l’eau (http://www.cieau.com/junior/sommaire/1/index.htm) .Ce qui se modifie c’est sa répartition sur la planète qui peut entrainer dans certaines zones des sécheresses importantes avec les conséquences parfois dramatiques que l’on connait…
Vous dites que 3 entreprises se partagent 70% du secteur de l’approvisionnement en eau dans le monde. C’est totalement inexact, les entreprises privées gèrent actuellement 7% du secteur de l’eau dans le monde. 70% c’est la part qu’elle gère en France. D’ailleurs cette erreur est presque rectifiée dans votre article car vous dites « si la plus grande partie de la gestion de l’eau est aujourd’hui encore entre les mains des collectivités publiques … ». Entre 7% et 70 le coefficient multiplicateur de l’erreur est important vous en conviendrez. Comme je sais que ma parole n’est pas d’or, je vous renvoie sur ce point à un article du cnrs sur le sujet, cet article datant de 3 ans j’ai même un peu augmenté le chiffre qu’il donne de 5%. (http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/mondial/07_marche.htm)
Enfin, vous nous présentez les 3 géants du secteur, et là je tombe de ma chaise tant les erreurs sont grossières. Vivendi et Veolia sont deux sociétés totalement indépendantes l’une de l’autre depuis de nombreuses années. Je vous renvoie pour preuve à la page cours de bourse que vous trouverez dans n’importe quel journal grand public, vous pourrez constater que ce sont deux entités économiques indépendantes. De mémoire, leur séparation date de 2002 et les 5% résiduels que Vivendi avait gardé, ils les ont cédé en 2006. Vivendi est une société spécialisée dans le divertissement : la musique, la télévision, le cinéma, le mobile, l'internet et les jeux. Rien à voir vous en conviendrez avec Veolia Environnement qui est spécialisé dans les métiers de l’environnement.
En ce qui concerne, RWE- Thames Water, cela fait 2 ans que RWE s’est désengagée du secteur de l’eau pour se développer sur son secteur historique de l’énergie. Il avait acquis Thames en 2000. Thames a donc été racheté en 2006 par les australiens, le groupe Macquarie. Encore une fois je préfère citer mes sources . En l’espèce un article des Echos disponible à l’adresse suivante : http://archives.lesechos.fr/archives/2006/lesechos.fr/10/18/300111262.htm
Ensuite, vous annoncez un Chiffre d’affaires cumulés de ces 3 sociétés de 200 milliards !!! Je n’ai pas fait le calcul mais cela me semble totalement impossible car le CA du leader à savoir Veolia Water est pour 2006 était de 10,5 milliards. Du coup vous verrez par vous-même que le chiffre de 200 milliards est impossible. Mais là encore cette information peut se verifier sur les sites corporate de ces sociétés, ils sont tous soumis à la publication de leur résultats. Donc le cumul des activités eau de ces 3 siociétés ne peut en toute logique dépasser les 30 milliards …. Là encore le coefficient d’erreur vous en conviendrez n’est pas négligeable… Du coup je crois que cela fausse totalement votre démonstration.
Sans vouloir enfoncer le clou, je vous conseille également l’article suivant publié dans la lettre de l’OCDE « l’observateur de l’OCDE qui fait état de 200 entreprises très actives et concurrentielles dans le secteur. Cet artcile étant écrit par le président le l’associaition professionnelle des entreprises de l’eau je pense qu’on peut lui faire confiance, il connait son nombre d’adhérents. (http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/1582/Le_march%E9_de_l%92eau_.html)
Pour finir, le nombre de salariés que vous énoncez c’est le nombre cumulé de l’ensemble des branches d’activités des groupes que vous citez. Encore une fois ces chiffres sont publiés dans les rapports financiers qui sont publiés chaque année par les entreprises. Veolia Water emploie par exemple environ 80 000 personnes en étant leader. Alors je vous donne ma main à couper que les 3 leaders du secteur en cumulé ne dépasse pas les 180 000 salariés. Et pour le coup je ne pense pas qu’on puisse leurs reprocher d’être de bons employeurs (je parle en quantité bien entendu).
Ceci étant dit j’ai du mal à comprendre l’orientation de votre papier, vous faite le constat de l’efficacité des entreprises spécialisées du secteur en leurs reconnaissant la capacité d’innovation salvatrice mais tout en dénigrant leurs efforts et leurs motivations que vous ne semblez faire reposer que sur l’appât du gain. Alors pour vous sont elles un atout ou non ?
Rédigé par: Mathilde | 05.08.2008 à 12:31
L'auteur de l'article parle des ressources en eau douce...
Rédigé par: CAD | 09.08.2008 à 17:14