Le Matin Dimanche, 3 août 2008

[L'islam ne détient pas le monopole de la survivance de l'esclavagisme.]
Mais en terre d'islam, la pratique est érigée en système, héritée de quinze siècles de traite d'esclaves.
[1] Les marchés de chair humaine à ciel ouvert ont évidemment disparu. Les pays arabes tardent cependant à se défaire de la tradition de la tutelle ou du parrainage qui remplace le droit du travail. Dans leurs palaces et leurs maisons bourgeoises, les maîtres ne sont pas considérés comme des employeurs à l'égard de leur personnel de maison, mais comme les tuteurs d'étrangers qu'ils abritent sous leur toit. Attirées en masse par la promesse d'un emploi plutôt que la misère dans leur pays d'origine, ces petites mains sont dépouillées de tous droits. Il n'est donc pas difficile de leur confisquer leur passeport, de les cloîtrer et de les exploiter sans aucun risque d'être inquiété. Le plus souvent asiatiques, ces victimes de l'esclavage moderne peuvent aussi venir des pays arabes eux-mêmes, à l'image des «petites bonnes» marocaines, ces centaines de milliers de femmes qu'on enlève très jeunes à leur famille et qui finissent exploitées le plus souvent sans salaire, quand elles ne sont pas violées puis répudiées parce qu'elles ont le malheur de tomber enceinte.
[…]
[…] l'esclavage en terre d'islam reste «un tabou bien gardé» [d'après Malek Chebel, intellectuel franco-algérien, in: L'esclavage en terre d'islam, Fayard.]
[2]
On retient de l'Histoire et du Coran que l'affranchissement des esclaves a été prôné en islam bien plus tôt que chez les Occidentaux. C'est vrai, le Coran évoque la question dans vingt-cinq versets datés du VIIe siècle. Mais cet élan n'a pas duré. Et, surtout, le Coran n'étant pas contraignant, il relève de la responsabilité de chaque maître d'affranchir ses esclaves pour gagner la bénédiction du Ciel. Enfin, il existe aussi une partie du texte sacré qui permet de se donner bonne conscience, comme le font les musulmans
wahhabites d'Arabie saoudite et ceux du Golfe. Ils se réfèrent à un verset qui dit que Dieu [«assigna aux uns des degrés plus élevés qu’aux autres» (ch. 6, v. 165)] afin que les premiers prennent les autres à leur service, tels des serviteurs. Il n'est toutefois pas précisé qu'il faut humilier, cloîtrer et violenter ses domestiques...
C'est lui qui vous a établis sur la terre, pour remplacer vos devanciers; Il assigna aux uns des degrés plus élevés qu’aux autres, afin de vous éprouver par cela même qu’il vous donne.
L'Arabie saoudite figure en tête des pays arabes où l'exploitation des
domestiques cause problème. Dans un
rapport de 133 pages [2008], l'organisation non gouvernementale
Human Rights Watch
dénonce des «conditions proches de l'esclavage» imposées aux
travailleuses domestiques venues le plus souvent de pays asiatiques
(Indonésie, Sri Lanka, Philippines, Népal). Les autorités saoudiennes
sont appelées à entreprendre d'urgence des réformes en matière
d'immigration, de droit du travail et de justice pour mettre fin à
cette barbarie. [...] ■
Ludovic Rocchi
«Ce n'est pas une question de religion mais d'éducation»
Il est malheureusement fréquent que les puissants du monde arabe se permettent de maltraiter les gens à leur service. Cette barbarie est favorisée par l'absence totale d'
État de droit. Ceux qui ont le pouvoir façonnent le droit pour eux-mêmes.
[…] l'islam n'est pas une religion esclavagiste. Mais certains exploitent des versets du Coran ambigus et vieux de quatorze siècles pour faire croire qu'ils sont en adéquation avec leurs principes religieux. Il s'agit plutôt d'un problème d'éducation individuelle, où chez les nantis, on apprend à disposer du droit de vie et de mort sur tout le reste de la population. ■
Propos de Malek Chebel recueillis par Ludovic Rocchi






http://faceaislam.xooit.fr/t20-MOHAMUD-SWS-etait-il-un-esclavagiste.htm?q=esclavagiste
http://espace.canoe.ca/mourad83/blog/view/42481
http://pages.intnet.mu/lavie/no7/P12.htm
Rédigé par: aryen | 14.09.2008 à 16:05