Le Matin Dimanche, 27 juillet 2008

Malgré leurs avantages technologiques, les Français et autres francophones sont battus année après année par les joueurs d'Afrique, où certains pays ont presque élevé au rang de sport national ce jeu de lettres.
Pour participer à cette
27e édition des
Championnats du monde de
Scrabble francophone
[1], à Dakar, Élisée a passé cinq jours dans un autocar. Ses adversaires français sont arrivés en avion. Pour se préparer, il a emmené avec lui un agenda dans son cartable. Les Français ont utilisé des ordinateurs pour recracher des
anagrammes.
Mais, malgré tous ces avantages, les Français ont perdu contre un joueur africain pour la troisième année consécutive dans l'épreuve du duel (un contre un).
Cette série de victoires est d'autant plus notable que le français est la langue des colonisateurs. Avec des taux d'alphabétisation de 30% en Guinée et de 40% au Sénégal. Beaucoup d'Africains parlent encore des dialectes locaux et n'ont que des notions de français.
Le nombre de mots africains acceptés dans le
dictionnaire officiel du Scrabble francophone est également significatif. Parmi eux:
«yet», un coquillage sénégalais, et
«mbalax», un genre musical rendu célèbre par
Youssou N'Dour, le chanteur le plus populaire du Sénégal. ■ AP
1.
FISF



Aborder le combat par le jeu est un phénomène naturel qu'on retrouve dans toutes les cultures, chez les Yanomami, tribu indienne isolée vivant dans la jungle brésilienne, comme chez les Eipo de Nouvelle-Guinée. Cela dit, les garçons imitent bien sûr les adultes mâles. Il convient toutefois de faire la différence, chez les enfants, entre affrontements virtuels «par jeu» et affrontements véritables. Les jeunes animaux aussi jouent à la lutte pour mesurer leurs forces tout en évitant de se faire mal. Les mimiques et les gestes indiquent s'il s'agit ou non d'un jeu. Beaucoup d'adultes ne parviennent pas à faire la différence et s'interposent à mauvais escient. Mais on trouve également des enfants qui ne sont plus capables de faire cette différence et qui transforment une bagarre «pour rire» en bagarre réelle. Reste que la violence est déjà omniprésente dans notre vie quotidienne, notamment à la télévision, et il est prouvé que c'est mauvais pour tout le monde. Un seul remède existe en la matière: contrôler et réduire la consommation médiatique des enfants.


Le nom 




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